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Alexandra Greffin-Klein
Le Mot de l'artiste

Ce que je l’aime, ce moment…

Une nouvelle partition ! Une nouvelle histoire, une nouvelle culture… Un nouveau monde !  Telle une sorte d’archéologue, d’Indiana Jones du violon, je me délecte à l’avance de me lancer dans cette nouvelle aventure, d’avoir à décoder ce nouveau langage…

La première lecture...
Armée de mes crayons de couleurs, de mes stabylos, de ma mine 3B (pas un de moins, pas un de plus), et de mon thermos de café — essentiel ! très très lentement-surtout pas trop vite ! — mesure par mesure, envisager tous les angles, tous les coups d’archets, tous les doigtés, noter tous les possibles, surtout ne pas décider trop vite… Ah non ! Enchaîner un legato crescendo vers un pizzicato sforzando, ça va pas être possible mon p’tit gars… quoique… si je le prends dans ce sens là… si j’essaye ce doigté, si je commence à le travailler à la vitesse d’un escargot neurasthénique… peut-être, d’ici cinq à six jours… En fait ça devrait marcher ! Minuscule victoire. Petit à petit, j’élabore un « plan d’attaque » j’organise les semaines à venir, le temps que je vais y consacrer chaque jour.

J’adore ces premiers jours, ces premières semaines, où finalement, la partition n’appartient qu’à moi. J’adore ces moments passés avec elle. J’ai l’impression d’avoir une conversation très intime avec son auteur, de découvrir ses secrets, ses forces, ses faiblesses aussi. Quel privilège ! Pour peu qu’elle fasse résonner naturellement qui je suis, qu’elle trouve sa place dans mes histoires internes, je me laisse tranquillement tomber amoureuse. Un peu jalouse à l’idée de devoir inévitablement partager cette relation avec le reste du monde, j’essaye de faire durer ces instants le plus longtemps possible. Mais je sais que cela ne durera qu’un temps, et que bientôt il faudra se confronter aux oreilles de « l’Autre », avec tout ce que cela suppose d’évolution, de changements, cette multitude de petites violences. Mais bien sûr je sais qu’il en va de l’enrichissement de l’histoire — et du mien.

D’amie intime de la partition, on en devient « l’interprète ». Quel drôle de mot.

Une scène, un public. Venez par ici, je vais vous raconter une histoire. Dieu que j’aime les histoires ! Celles qui font rire, celles qui font soupirer, celles qui font danser… toutes les histoires. Venez par ici, je vais vous raconter une histoire. Ce n’est pas la mienne, mais c’est devenu un petit peu la mienne tout de même. Et là, sans restrictions aucunes, toute mon énergie. Sans concessions. Il n’y a pas d’autres moyens. En tout cas, moi je n’en connais pas d’autres. Avec un peu de chance, je ressens toute l’attention du public, là, enfermé dans cette minuscule bulle, quelques centimètres devant moi.

Quelle sensation merveilleuse.

Ah, ce que je l’aime aussi, ce moment-là !

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