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Edith Canat de Chizy | Revue de presse

Quatre Diapasons pour "Over the Sea" (CD)

Ni tonale ni consonante au sens étroit de ces termes, la musique d’Edith Canat de Chizy est essentiellement euphonique. Elle se distingue autant par sa plénitude acoustique que par sa cohérence organique. Ses éléments constitutifs, souvent liés les uns aux autres par le timbre, la hauteur, la pulsation ou le dessin, s’emboîtent, s’enchaînent avec juste ce qu’il faut de tensions rugueuses ou dissonantes pour appeler une explosion ou une dissolution. Tout est préparé, poursuivi jusqu’à la prochaine mutation et donne l’impression de venir à point.

A l’écoute de Pierre d’éclair (2011, pour grand orchestre), l’auditeur doué d’imagination sera sensible à la diversité des coups de tonnerre profonds ou brutaux, aux fulgurances de la foudre qui dévale en grappes de l’aigu au grave, aux cris d’oiseaux effarés… Difficile, dans cette approche anecdotique, d’associer à un phénomène naturel la pulsation régulière, initiée par un temple-block, dont les récurrences variées forment la colonne vertébrale de la pièce. L’Orchestre national de Lyon qui l’a commandée justifie doublement son choix par le soin qu’il a mis à la créer.

Over the Sea (2012) pour trio à cordes, accordéon et dispositif électronique porte également un titre à son image. Plus âpre et plus austère, le langage correspond à ce qu’on attend d’une commande de l’Ircam (Institut de recherche et de coordination acoustique-musique) fondé par Pierre Boulez. L’émerveillement vient de l’impressionnante richesse et diversité de timbre  qu’Edith Canat de Chizy obtient d’un effectif si modeste. Et cela ne tient pas seulement à son initiation précoce à l’électro-acoustique auprès de Guy Reibel dans les studios du GRM, mais surtout à sa façon de travailler la matière sonore en collaboration avec Gregory Beller pour la réalisation informatique.

Commandé par l’Orchestre national de Lille, Drift (2013) pour clarinette et orchestre est un concerto taillé à la mesure de son créateur, Paul Meyer, dont la virtuosité a pu inspirer cette composition lumineuse. D’un bout à l’autre, avec un naturel parfait, le soliste dialogue avec ses partenaires sans jamais les réduire au rang de faire-valoir. Chacun fait assaut de musicalité, et la diversité de ces échanges se confond avec la forme.

Gérard Condé (Diapason n°645)
01/04/2016


Création mondiale de "Visio" - Festival Présences

La compositrice s’empare des visions de l’univers d’Hildegarde von Bingen qui avait, au XIIème siècle déjà, la conviction que la terre était ronde: « Je vis une immense sphère/Ayant à sa partie extérieure un cercle de lumière étincelante ». L’écriture des voix et des instruments s’inscrit dans un mouvement circulaire souvent spectaculaire dont l’électronique accuse l’effet de cinétique. (...) L’alliage subtil des timbres et l’utilisation efficace des percussions résonnantes, via la magie électronique, suggèrent admirablement les spirales ascensionnelles et autres tourbillons de vent décrits par la poétesse dans ses visions.

Michèle Tosi (Resmusica)
20/02/2016


Un bijou alliant la fermeté du trait et la souplesse des figures

Comme chez Debussy, l’écriture orchestrale d’Édith Canat de Chizy est «?de couleurs et de temps rythmés?». Pierre d’éclair (2011) – titre emprunté à René Char – est un bijou alliant la fermeté du trait et la souplesse des figures, la rigueur formelle et la plasticité des textures. La compositrice manie la couleur pure et convoque un riche pupitre de percussions, qui participe du ressort dramaturgique et donne à entendre, de manière obstinée autant que mystérieuse, ses coups répétés qui comptent le temps. L’énergie propulsant la matière le dispute au raffinement des timbres et à la sensibilité/sensualité des sonorités exerçant leur pouvoir secret de fascination.

Michèle Tosi (ResMusica)
29/09/2015


Orchestration magistrale [A propos du CD Over the sea]

Comme le précise Edith Canat de Chizy dans une note liminaire, l'idée de mouvement sous-tend le regroupement de ces trois récentes partitions. Over the sea (2012), pour trio à cordes et accordéon, signe l'entrée à son catalogue d'un dispositif électronique (réalisé à l'IRCAM).

L'occasion de jouer sur le "passage" ainsi que sur les nombreuses illusions auditives qu'il permet, d'un son synthétique à celui de la lutherie traditionnelle, des complexes harmoniques. Délibérément aqueuse, la pièce intègre à son univers toute une vie grouillante rappelant les frottements d'insectes qui sourdent dans les musiques nocturnes de Bartók.

Indépendamment de la partie électronique, le jeu des Diotima et de l'accordéoniste Pascal Contet constitue en soi une aventure sonore des plus poétiques. Les deux pièces d'orchestre témoignent plus encore de l'univers intérieur de la compositrice dont l'orchestration magistrale donne le sentiment d'une manière organique en perpétuelle mouvance : Pierre d'éclair (2011) joue sur les éclats diffractés (acrobatique solo de clarinette) et les ostinatos lancinants (percussions) qui finissent par gangrener tout le tissu orchestral.

On n'hésite pas à employer le mot de chef-d'oeuvre pour qualifier le concerto pour clarinette Drift (2013) où officie le génial Paul Meyer : effets incantatoires, ambiance fantasmagorique, tout concourt à créer ce climat d'expectative que la compositrice se refusera à résoudre dans quelques coda apaisante. L'Orchestre de Lille, placé sous la baguette de Roberto Rizzi Brignoli, s'y montre d'une hypnotique efficacité. 

Jérémie Bigorie (Classica)
01/09/2015


Nunc Dimittis - Une pièce captivante

Dès les premiers sons, la pièce d’Edith Canat de Chizy captive. Nous quittons brusquement l’Allemagne romantique et religieuse pour une fantastique forêt de sons et de bruissements. Les chanteurs murmurent, parlent, psalmodient à toute vitesse, se frappent la poitrine autant qu’ils chantent. L’écriture est ciselée à l’extrême. Ce Nunc Dominus est court et très dense. Le soin apporté à son élaboration est perceptible, rien n’est laissé en trop. La respiration y est aussi importante que le chant : à plusieurs reprises, le chœur souffle, inspire, expire ostensiblement. Avec cette pièce, la spiritualité revêt une toute autre expression.

Suzanne Gervais (La Lettre du musicien)
20/05/2015


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